Depuis plusieurs mois de nombreuses associations se mobilisent pour obtenir la libération de 17 femmes accusées injustement d’avoir eu recours à une interruption volontaire de grossesse. Toutes ces femmes sont des femmes pauvres. La plupart d’entre elles ont rencontré des complications au cours de leur grossesse, ont vécu une fausse couche ou un accouchement sans être assisté par un personnel qualifié. C’est au moment où elles ont fait appel aux services de santé, qu’au lieu d’être prises en charge, elles ont été dénoncées, poursuivies et accusées d’homicide aggravé, les  faisant  passer de l’hôpital à la prison. Cette situation souligne une nouvelle fois l’absurdité des systèmes répressifs, plus soucieux de condamner des femmes suspectées d’avoir avorter que de répondre aux enjeux liés à l’avortement non sécurisés.

Le Salvador est l’un des  six pays d’Amérique Latine et des Caraïbes, avec le Nicaragua, le Honduras, la République Dominicaine, le Chili et Haïti, interdisant sans exception l’interruption volontaire de grossesse, même si la vie de la femme est en danger. Il figure au rang des pays les plus restrictifs au monde. Les femmes sont sévèrement poursuivies et risquent jusqu’à 30 ans d’emprisonnement pour avoir mis un terme à leur grossesse.

Aujourd’hui, mardi 1er juillet, le mouvement « Las 17 » lance une journée d’action internationale pour d’obtenir la grâce de ces femmes et sensibiliser l’opinion publique à la question de la  dépénalisation de l’IVG au Salvador. En avril dernier, 17 demandes de grâce ont été déposées devant l’Assemblée législative salvadorienne. L’Assemblée a examiné ces demandes et a transféré ses évaluations au Conseil Criminologique, qui s’est chargé des requêtes. Aujourd’hui, les conclusions du Conseil doivent être étudiées par la Cour Suprême, qui statuera sur les demandes de grâce avant d’être définitivement approuvées par le président de la République. « Nous savons que c’est un processus long et compliqué, mais nous pensons que les actions collectives ont et continuent à faire bouger les volontés politiques » ont déclaré les organisateurs de la mobilisation.

Pour cette journée internationale, plusieurs actions sont prévues pour apporter son soutien aux 17 femmes emprisonnées, notamment la diffusion d’une vidéo et des actions d’interpellation des autorités salvadoriennes.

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