Pendant plusieurs mois, un collectif d’associations anti-choix de plusieurs pays européens, ont mené une campagne contre le droit à l’avortement, intitulée « One of Us ». Le collectif s’est saisi de l’initiative citoyenne européenne (ICE), nouvel instrument introduit par le traité de Lisbonne et institué en avril 2012. L’ICE permet aux citoyens, grâce à une pétition regroupant plus d’un million de signatures et provenant d’au moins un quart des Etats membre de l’UE, d’influer sur les programmes de travail de la Commission et de proposer un projet législatif. Les organisateurs  de « One of us », ayant recueilli plus de 1,7 million de signatures, demandaient à l’Union de mettre fin au financement des activités qui impliquent la destruction d’embryons humains, en particulier dans les domaines de la recherche, de l’aide au développement et de la santé publique.

Le 28 mai dernier, la Commission a rejeté en bloc les demandes de « One of us » considérant que l’interdiction de tels financements entraverait la capacité de l’Union à atteindre les objectifs de réduction de la mortalité maternelle fixés dans les objectifs du millénaire pour le développement. « La Commission considère que l’Union doit honorer ses engagements internationaux visant à réaliser l’objectif n° 5 du Millénaire pour le Développement. Malgré les progrès spectaculaires en matière de recours à la contraception, on déplore le nombre élevé de mères qui décèdent encore, chaque année, des suites d’un avortement pratiqué par une personne ne possédant pas les qualifications requises ou dans un environnement dans lequel les normes médicales élémentaires font défaut ».

Bien qu’on ne puisse que se satisfaire d’une telle décision, l’initiative « One of us » témoigne une nouvelle fois de la montée en puissance et la mobilisation des groupes conservateurs, de mieux en mieux organisés et décidés à influer sur les politiques d’aide au développement.

Plus que jamais, nous devons continuer à nous mobiliser pour que soit reconnu le droit des femmes à disposer de leur corps en signant la pétition sur www.names-not-numbers.org

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