Aujourd’hui, l’Assemblée nationale a adopté définitivement le projet de loi d’orientation et de programmation relative à la politique de développement et de solidarité internationale. Ce texte marque une étape historique dans la rénovation de l’aide publique au développement française, en associant pour la première fois la représentation nationale à la définition des grands principes et des priorités guidant l’action de la France. Revendication ancienne des acteurs de la solidarité internationale, ce projet de loi, est le fruit des travaux conduits dans le cadre des « Assises du développement » et de plusieurs mois de débats parlementaires.

Au-delà de la portée symbolique de ce texte, la loi Développement exprime une réelle volonté politique d’inscrire l’égalité femme-homme au cœur de la politique de développement française en l’intégrant comme un objectif transversal. La promotion de l’autonomisation des femmes et l’intégration systématiques des problématiques de genre sont identifiées comme des priorités transversales de l’aide française. La France s’engage ainsi à promouvoir dans les enceintes internationales et européennes les droits des femmes, l’accès universel à la planification familiale et les droits sexuels et reproductifs. Le texte fait également mention de la prise en compte de  la situation particulière des jeunes filles et de leur vulnérabilité, notamment en matière de santé sexuelle.

Bien que ces engagements aillent dans le bon sens, nous regrettons l’occasion manquée pour la France d’inscrire clairement dans cette loi, son engagement en faveur du droit à l’avortement sûr et légal dans le monde.

Le rejet, tant à l’Assemblée Nationale qu’au Sénat, d’un amendement proposant une référence explicite à l’IVG sécurisée est particulièrement regrettable et préoccupant. Ce refus apparaît par ailleurs en total décalage avec le discours tenu par la ministre des droits des femmes, Najat Vallaud Belkacem, dans l’enceinte des Nations Unies en mars dernier lors de la CSW. Au moment où les groupes conservateurs se mobilisent et gagnent du terrain pour faire reculer les droits des femmes, la France doit au contraire réaffirmer sa détermination à promouvoir le droit à l’avortement, levier incontournable de l’émancipation féminine.

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