Solidaire de la mobilisation espagnole, Médecins du Monde s’est joint à l’appel à manifester du 1er février à Paris pour la défense du droit à l’Interruption Volontaire de Grossesse en Espagne, en Europe et partout dans le monde. 

Le projet de loi espagnol, adopté le 20 décembre dernier et visant à interdire l’IVG (sauf dans quelques cas très restrictifs) constitue une régression inacceptable pour les droits des femmes espagnoles et une mesure dangereuse d’un point de vue de santé publique et individuelle.

Reconnaître le droit des femmes et des couples à décider librement d’avoir ou non des enfants est un engagement fondamental du programme d’action du Caire adopté en 1994 par 179 Etats, dont l’Espagne. En s’attaquant à la loi de 2010 sur la légalisation de l’avortement, le gouvernement de Mariano Rajoy méprise totalement ce principe essentiel et promet un recul de plus trente ans en arrière, le pays revenant de fait à une législation datant de 1985.

Une telle décision fait peser des risques graves sur la santé des femmes. Si l’interdiction légale ne produit aucun effet dissuasif sur le recours à l’IVG,  elle condamne en revanche les femmes à la clandestinité avec tous les risques de complications que cela comporte, notamment pour les plus précaires. Chaque année, 50 000 femmes décèdent à travers le monde des suites d’un avortement à risque. 8 millions d’autres souffrent de complications graves nécessitant une prise en charge médicalisée. Cette réalité peut devenir demain celle des femmes espagnoles !